{"id":112,"date":"2025-03-03T15:22:27","date_gmt":"2025-03-03T15:22:27","guid":{"rendered":"https:\/\/jurantiel.com\/accueil\/?p=112"},"modified":"2025-03-05T08:00:17","modified_gmt":"2025-03-05T08:00:17","slug":"les-trois-vies-de-la-transaction-dans-le-livre-2-du-code-cima","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jurantiel.com\/accueil\/les-trois-vies-de-la-transaction-dans-le-livre-2-du-code-cima\/","title":{"rendered":"LES TROIS VIES DE LA TRANSACTION DANS LE LIVRE 2 DU CODE CIMA"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/jurantiel.com\/accueil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/112?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/jurantiel.com\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png?w=720&#038;ssl=1\" alt=\"image_pdf\" title=\"View PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/jurantiel.com\/accueil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/112?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/jurantiel.com\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png?w=720&#038;ssl=1\" alt=\"image_print\" title=\"Print Content\" \/><\/a><\/div>\n<p class=\"\"><em> www.jurantiel.com, Par OMBOLO MENOGA Pierre Emmanuel<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong><u>RESUME<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La transaction est d\u00e9finie en droit commun par l\u2019article 2044 du Code civil comme \u00ab&nbsp;<strong>un contrat par lequel les parties terminent une contestation n\u00e9e, ou pr\u00e9viennent une contestation \u00e0 na\u00eetre<\/strong>&nbsp;\u00bb. C\u2019est de ce fait un contrat \u00e9crit par lequel les parties s\u2019accordent des concessions r\u00e9ciproques soit pour un litige d\u00e9j\u00e0 n\u00e9, soit pour un litige \u00e0 naitre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Le Code CIMA ne la d\u00e9finit pas mais l\u2019a toujours pr\u00e9vue comme l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments du syst\u00e8me d\u2019indemnisation du pr\u00e9judice corporel r\u00e9sultant des accidents de la circulation. Elle a connu des \u00e9volutions l\u00e9gislatives qui, mises ensemble, ne semblent pas toujours \u00eatre bien comprises. C\u2019est pourquoi il nous a paru n\u00e9cessaire de proposer la pr\u00e9sente contribution intellectuelle qui pr\u00e9sente les diff\u00e9rentes trajectoires de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA. Il s\u2019agit des trois principales \u00e9volutions l\u00e9gislatives que nous avons d\u00e9nomm\u00e9es les trois vies de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>************************************<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong><u>PLAN<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>INTRODUCTION<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>1\/ LA PHASE INITIALE DE LA TRANSACTION DANS LE LIVRE 2 DU CODE CIMA<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>1-1\/<\/strong>Le fondement l\u00e9gal principiel de la phase initiale de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>1-2\/<\/strong> Le fondement compl\u00e9mentaire de la phase initiale de la transaction&nbsp;: l\u2019interpr\u00e9tation donn\u00e9e par le Conseil des Ministres<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>1-3\/<\/strong>La mise en pratique de la phase initiale par les compagnies d\u2019assurance<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>2\/ LA PHASE INTERMEDIAIRE OU TRANSITOIRE DE LA TRANSACTION DANS LE LIVRE 2 DU CODE CIMA<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>2-1\/<\/strong> La formulation l\u00e9gale de la phase interm\u00e9diaire ou transitoire de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>2-2\/<\/strong> Les contours juridiques de l\u2019\u00e9diction de la phase interm\u00e9diaire ou transitoire de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>2-3\/<\/strong>La dur\u00e9e r\u00e9elle et les appropriations incertaines ou d\u00e9cal\u00e9es de la phase interm\u00e9diaire ou transitoire de la transaction de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>3\/ LA PHASE ACTUELLE DE LA TRANSACTION DANS LE LIVRE 2 DU CODE CIMA<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>3-1\/<\/strong> Le fondement l\u00e9gal de la phase actuelle de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>3-2\/<\/strong> Le renouvellement conceptuel et fonctionnel de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>3-3\/<\/strong> La r\u00e9sultante d\u2019une meilleure protection de la situation des victimes d\u2019accident de la circulation<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>CONCLUSION<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>************************************<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong><u>INTRODUCTION<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Il est bien \u00e9tabli que le Code CIMA encadre \u00e0 la fois l\u2019obligation de couverture et l\u2019obligation de r\u00e8glement, les deux principales faces de l\u2019assurance obligatoire des v\u00e9hicules terrestres \u00e0 moteur, leurs remorques et\/ou semi-remorques. Soucieux de la protection des assur\u00e9s et de victimes de dommages, il s\u2019est appesanti davantage sur l\u2019ensemble des \u00e9l\u00e9ments constitutifs de cette obligation de r\u00e8glement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">L\u2019obligation de couverture doit \u00eatre per\u00e7ue comme celle qu\u2019a l\u2019assureur de mobiliser la couverture d\u2019assurance et de garantir au souscripteur, \u00e0 l\u2019assur\u00e9 ou \u00e0 toute personne int\u00e9ress\u00e9e qu\u2019il est engag\u00e9 pour des risques dont il a accept\u00e9 le transfert. Il s\u2019agit plus simplement de l\u2019engagement formel que prend l\u2019assureur de fournir les prestations qu\u2019il a promises en cas de survenance d\u2019un \u00e9v\u00e9nement dommageable pr\u00e9vu au contrat. Dans un sens plus large, il s\u2019agit de l\u2019obligation de maintenir cet engagement au profit du souscripteur, de l\u2019assur\u00e9 ou \u00e0 toute personne int\u00e9ress\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Quant \u00e0 l\u2019obligation de r\u00e8glement, elle se pr\u00e9sente comme celle qu\u2019a l\u2019assureur de faire face \u00e0 ses engagements en cas de r\u00e9alisation du risque garanti. C\u2019est donc l\u2019obligation d\u2019ex\u00e9cuter la prestation lors de la r\u00e9alisation du risque ou \u00e0 l\u2019\u00e9ch\u00e9ance du contrat, suivant les cas. L\u2019obligation de r\u00e8glement est le versant de l\u2019obligation de couverture dont le d\u00e9clencheur est la r\u00e9alisation du risque ou l\u2019\u00e9ch\u00e9ance du contrat. Il est donc \u00e0 noter qu\u2019il ne peut pas avoir d\u2019obligation de r\u00e8glement sans le pr\u00e9alable de l\u2019obligation de couverture.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Dans l\u2019optique d\u2019un encadrement sp\u00e9cifique du processus de gestion des sinistres Responsabilit\u00e9 Civile Dommages corporels, le l\u00e9gislateur CIMA a institu\u00e9 une v\u00e9ritable chaine de valeurs qui s\u2019impose aux diff\u00e9rentes parties prenantes. La chaine de valeurs doit \u00eatre d\u00e9finie dans ce cadre comme un ensemble d\u2019activit\u00e9s. Ce sont les \u00e9tapes successives d\u2019un processus d\u2019ensemble. On retrouve bien, de part d\u2019autre du Code CIMA, et en vue de l\u2019indemnisation des victimes d\u2019accident, la d\u00e9claration ou la connaissance du sinistre, l\u2019ouverture du dossier, les interactions de la compagnie d\u2019assurance ou ses repr\u00e9sentants avec les victimes, l\u2019instruction, le r\u00e8glement et le paiement proprement dit. Le l\u00e9gislateur CIMA r\u00e9glemente aussi les d\u00e9lais, distribue les r\u00f4les et pr\u00e9cise les droits et obligations respectifs des parties concern\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Parmi les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de cette chaine de valeurs figure en bonne place la transaction. En droit commun, la transaction est d\u00e9finie par l\u2019article 2044 du Code civil comme \u00ab&nbsp;<strong>un contrat par lequel les parties terminent une contestation n\u00e9e, ou pr\u00e9viennent une contestation \u00e0 na\u00eetre<\/strong>&nbsp;\u00bb. C\u2019est donc un contrat \u00e9crit par lequel les parties s\u2019accordent des concessions r\u00e9ciproques soit pour un litige d\u00e9j\u00e0 n\u00e9, soit pour un litige \u00e0 naitre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Si le Code CIMA ne la d\u00e9finit pas, il faut reconnaitre qu\u2019il l\u2019a toujours pr\u00e9vu express\u00e9ment en ses articles 234 et 235. L\u2019id\u00e9e de l\u2019exigence d\u2019un \u00e9crit ressort clairement de ce m\u00e9canisme li\u00e9 \u00e0 la gestion des cons\u00e9quences p\u00e9cuniaires de la responsabilit\u00e9 civile ayant entrain\u00e9 des dommages corporels par suite de l\u2019utilisation d\u2019un v\u00e9hicule terrestre \u00e0 moteur, d\u2019une remorque et\/ou d\u2019une semi-remorque.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">C\u2019est l\u2019occasion de rappeler que la notion d\u2019indemnisation des victimes d\u2019accident de la circulation, elle peut \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e de deux principales mani\u00e8res, l\u2019une de fa\u00e7on restreinte ou stricte et l\u2019autre de fa\u00e7on large.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Le cadre strict de l\u2019indemnisation correspond \u00e0 la prise en charge en amont et\/ou en aval des cons\u00e9quences p\u00e9cuniaires des dommages subis par les victimes d\u2019accident de la circulation. C\u2019est le processus qui a pour but le paiement des sinistres subis par lesdites victimes. Ces sinistres peuvent alors \u00eatre tant\u00f4t occasionn\u00e9s par les v\u00e9hicules terrestres \u00e0 moteur, tant\u00f4t subis par eux. Dans l\u2019un ou l\u2019autre cas, il en d\u00e9coule des dommages qui doivent \u00eatre r\u00e9par\u00e9s. C\u2019est cette r\u00e9paration seule qui serait recherch\u00e9e, ind\u00e9pendamment de toute autre situation interm\u00e9diaire ou pr\u00e9alable. Cette conception restreinte, est facile d\u2019appropriation. Mais, elle voile beaucoup de d\u00e9tails et r\u00e9alit\u00e9s. Elle participe \u00e0 maintenir les malentendus entre les acteurs concern\u00e9s qui se regardent de fa\u00e7on suspicieuse en rejetant chacun le tort sur l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Le cadre large quant \u00e0 lui tient compte d\u2019un processus dans son ensemble. Il a un ancrage plus concret qui consid\u00e8re la r\u00e9paration proprement dite comme un volet au sein d\u2019un \u00e9cosyst\u00e8me plus dynamique fait de pr\u00e9alables, d\u2019acteurs, de principes, de r\u00e8gles et d\u2019exigences diverses. Elle renvoie souvent, pour les professionnels du secteur des assurances \u00e0 la gestion des sinistres en g\u00e9n\u00e9ral, et pour ce cas particulier, \u00e0 la gestion des sinistres automobile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Cette conception a l\u2019avantage de mettre en lumi\u00e8re toutes les composantes n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019indemnisation con\u00e7ue dans sa r\u00e9alit\u00e9 et m\u00eame dans sa complexit\u00e9. Elle conduit \u00e0 avoir un regard plus lucide sur cette r\u00e9alit\u00e9 plurielle. L\u2019indemnisation des victimes d\u2019accident de la circulation se pr\u00e9sente alors comme un syst\u00e8me, c\u2019est-\u00e0-dire comme une combinaison d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui forment un ensemble, un ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La transaction qui en fait partie est souvent mal comprise, du fait notamment de la diversit\u00e9 de sources du droit CIMA qui lui sont applicables. Du reste, la transaction n\u2019est pas un attol isol\u00e9 dans la chaine de valeurs adoss\u00e9e au processus de gestion des sinistres Responsabilit\u00e9 Civile Dommages corporels. Celle-ci a connu des \u00e9volutions l\u00e9gislatives qui, mises ensemble, ne semblent pas toujours \u00eatre bien comprises. C\u2019est pourquoi il nous a paru n\u00e9cessaire de proposer la pr\u00e9sente contribution intellectuelle. Et la question centrale que nous avons retenue \u00e0 cet effet est la suivante&nbsp;: <strong>En quoi consistent les diff\u00e9rentes trajectoires de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Il faut donc une grille d\u2019analyse qui d\u00e9gage la lisibilit\u00e9 et la coh\u00e9rence de ce m\u00e9canisme, au gr\u00e9 des tendances l\u00e9gislatives qui se sont succ\u00e9d\u00e9es. Il faut questionner ses traits caract\u00e9ristiques et indiquer si la transaction pr\u00e9vue par le Livre 2 du Code CIMA est en situation g\u00e9mellaire par rapport \u00e0 celle du droit commun. On pourra aussi v\u00e9rifier si elle n\u2019est pas, par endroit dans une situation hybride, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle aurait, tant\u00f4t des assimilations par rapport au droit commun tant\u00f4t une autonomie voire une originalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Ce tour d\u2019horizon semble nous imposer une double perspective statique et dynamique. La perspective statique correspond \u00e0 une grille de lecture interne de chaque tendance l\u00e9gislative, une analyse de chaque \u00e9tape prise individuellement tandis que la perspective dynamique fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une confrontation de chaque phase avec l\u2019autre afin de d\u00e9gager une lisibilit\u00e9 ou une coh\u00e9rence. Nous \u00e9tudierons ses diff\u00e9rents fondements, sa nature juridique et son p\u00e9rim\u00e8tre au fil des \u00e9volutions l\u00e9gislatives.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Le fil conducteur qui va permettre de r\u00e9pondre \u00e0 cette question est structur\u00e9 autour de l\u2019id\u00e9e que la transaction a connu trois principales \u00e9volutions l\u00e9gislatives dans le Code CIMA. Elle a fait trois mues, chacune ayant \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e soit pour concilier les int\u00e9r\u00eats (protection des assur\u00e9s et des victimes de dommages et protection de l\u2019\u00e9quilibre technique et financier des compagnies d\u2019assurance) soit pour privil\u00e9gier un seul int\u00e9r\u00eat&nbsp;: la protection des assur\u00e9s et des victimes de dommages. Il y a ainsi une corr\u00e9lation entre les objectifs promus par le l\u00e9gislateur CIMA \u00e0 un moment donn\u00e9 et les traits caract\u00e9ristiques de la transaction.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">C\u2019est cette vue d\u2019ensemble que nous appelons les trois vies de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA. Ce sont ces trois vies que nous allons \u00e9tudier en trois phases. Il y a d\u2019abord la phase initiale, celle qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la p\u00e9riode des grandes r\u00e9formes l\u00e9gislatives de la CIMA (<strong>1<\/strong>). C\u2019est la premi\u00e8re vie de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA. Il y a ensuite la phase interm\u00e9diaire ou transitoire (<strong>2<\/strong>). C\u2019est la deuxi\u00e8me vie de la transaction. Il y a enfin la phase actuelle (<strong>3<\/strong>). C\u2019est la troisi\u00e8me vie de ladite transaction.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>1\/ <u>LA PHASE INITIALE DE LA TRANSACTION DANS LE LIVRE 2 DU CODE CIMA<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La premi\u00e8re vie ou la phase initiale de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA doit \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e dans son fondement l\u00e9gal principiel (<strong>1-1<\/strong>). Celui-ci a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9 par l\u2019interpr\u00e9tation donn\u00e9e par le Conseil des Ministres en application de l\u2019article 49 du Trait\u00e9 instituant la CIMA. C\u2019est le fondement compl\u00e9mentaire (<strong>1-2<\/strong>) de cette premi\u00e8re vie de la transaction dont l\u2019analyse ne peut \u00eatre compl\u00e8te que dans la mesure o\u00f9 sa mise en pratique par les compagnies d\u2019assurance est aussi \u00e9voqu\u00e9e (<strong>1-3<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>1-1\/ <u>Le fondement l\u00e9gal principiel de la phase initiale de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Ce fondement principiel d\u00e9coule d\u2019une lecture combin\u00e9e des dispositions du Livre 2 du Code CIMA. C\u2019est le socle juridique de la cons\u00e9cration de la facult\u00e9 de transaction par le l\u00e9gislateur CIMA. Les indices de la formulation de cette facult\u00e9 d\u00e9coulent de la lecture combin\u00e9e des articles 231, 235, 239 et 260 du Code CIMA. Il faut pr\u00e9ciser que le Code CIMA est entr\u00e9 en vigueur en date du 15 f\u00e9vrier 1995 pour les Etats membres qui avaient d\u00e9j\u00e0 ratifi\u00e9 le Trait\u00e9 CIMA et quinze jours d\u00e8s le d\u00e9p\u00f4t des instruments de ratification pour ceux qui est des Etats qui ne l\u2019avaient pas encore ratifi\u00e9 (<em>D\u00e9cision N\u00b0 055\/PEPCI\/SE\/CAB\/BPCI du 06 f\u00e9vrier 1995 du Conseil des Ministres relative \u00e0 l\u2019entr\u00e9e en vigueur du Code CIMA<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">L\u2019article 231 du Code CIMA, dans sa r\u00e9daction originelle ou actuelle ne parle pas de cette facult\u00e9. Il a toujours indiqu\u00e9 l\u2019activit\u00e9 qui pr\u00e9c\u00e8de la transaction, \u00e0 savoir l\u2019offre d\u2019indemnit\u00e9. Cette offre d\u2019indemnit\u00e9 est tributaire des pi\u00e8ces essentielles que l\u2019assureur re\u00e7oit en application des articles 230, 240 et 241 du Code CIMA. Il est vrai que l\u2019\u00e9criture l\u00e9gislative originelle de l\u2019article 231 ne consid\u00e8re pas comme point de d\u00e9part cette r\u00e9ception des pi\u00e8ces pertinentes ou ce qu\u2019il est convenu de d\u00e9nommer la phase de mise en \u00e9tat du dossier. Toujours est-il que sans ces pi\u00e8ces, l\u2019indemnit\u00e9 ne peut pas \u00eatre r\u00e9ellement estim\u00e9e. Apr\u00e8s cette phase d\u2019offre d\u2019indemnit\u00e9 qui s\u2019ach\u00e8ve par l\u2019accord de la victime\/du b\u00e9n\u00e9ficiaire ou son repr\u00e9sentant, intervient celle de la transaction.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">L\u2019article 235 du Code CIMA, du fait de son intitul\u00e9 \u00ab facult\u00e9 de d\u00e9nonciation de la transaction&nbsp;\u00bb, d\u2019une part, et son contenu r\u00e9dactionnel, d\u2019autre part, est le socle juridique phare de la cons\u00e9cration de la facult\u00e9 de transaction par le l\u00e9gislateur CIMA. Son alin\u00e9a premier pr\u00e9voit que \u00ab&nbsp;<strong>La victime peut, par lettre recommand\u00e9e avec demande d&#8217;avis de r\u00e9ception, d\u00e9noncer la transaction dans les quinze jours de sa conclusion pour des motifs de non-respect du pr\u00e9sent Code<\/strong>.&nbsp;\u00bb. Son alin\u00e9a second ajoute que \u00ab&nbsp;<strong>Toute clause de la transaction par laquelle la victime abandonne son droit de d\u00e9nonciation est nulle. Les dispositions ci-dessus doivent \u00eatre reproduites en caract\u00e8res tr\u00e8s apparents dans l\u2019offre de transaction et dans la transaction \u00e0 peine de nullit\u00e9 relative \u00e0 cette derni\u00e8re.&nbsp;<\/strong>\u00bb On peut se passer, \u00e0 ce stade de commentaires et noter tout simplement l\u2019occurrence explicite de la facult\u00e9 de transaction dans cette disposition qui est rest\u00e9e inchang\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 ce jour. Cette occurrence est moins explicite aux articles 239 et 260 du m\u00eame Code.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">L\u2019occurrence implicite de l\u2019article 260 du Code CIMA, figure en son alin\u00e9a 3 en ces termes&nbsp;: \u00ab&nbsp;<strong>L\u2019indemnit\u00e9 pr\u00e9vue dans le cas o\u00f9 l\u2019assureur et la victime ne sont parvenus \u00e0 un accord dans le d\u00e9lai fix\u00e9 \u00e0 l\u2019article 239 est calcul\u00e9e suivant l\u2019\u00e9chelle de valeur de points d\u2019incapacit\u00e9<\/strong>\u2026&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Cette disposition renvoie \u00e0 l\u2019article 239 du Code CIMA qui pr\u00e9voit que&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">\u00ab&nbsp;<strong>Lorsque l\u2019assureur qui garantit la responsabilit\u00e9 civile et la victime ne sont pas parvenus \u00e0 un accord dans le d\u00e9lai pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 231, l\u2019indemnit\u00e9 due par l\u2019assureur est calcul\u00e9e suivant les modalit\u00e9s fix\u00e9es aux articles 258 et suivants.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>Le litige entre l\u2019assureur et la victime ne peut \u00eatre port\u00e9 devant l\u2019autorit\u00e9 judiciaire qu\u2019\u00e0 l\u2019expiration du d\u00e9lai de l\u2019article 231.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>Le juge fixe l\u2019indemnit\u00e9 suivant les modalit\u00e9s fix\u00e9es aux articles 258 et suivants<\/strong>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">En filigrane, le r\u00e8glement d\u2019un sinistre de responsabilit\u00e9 civile ayant entrain\u00e9 des dommages corporels peut \u00eatre soit contentieux soit non contentieux (ou amiable). C\u2019est aussi la dichotomie sinistre contentieux et sinistre amiable qui s\u2019en inf\u00e8re implicitement. Le premier est celui qui est soumis \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 judiciaire, celle-ci ne pouvant \u00eatre saisie qu\u2019\u00e0 l\u2019expiration du d\u00e9lai d\u2019offre d\u2019indemnit\u00e9 r\u00e9sultant de l\u2019application de l\u2019article 231 du Code CIMA. Dans ce cas, le r\u00e8glement judiciaire de l\u2019indemnit\u00e9 est effectu\u00e9 n\u00e9cessairement sur la base du bar\u00e8me d\u00e9coulant des diff\u00e9rentes dispositions du Livre 2 du Code CIMA. Le second cas est celui d\u2019une indemnit\u00e9 fix\u00e9e entre l\u2019assureur et la victime. A ce stade de la lettre et de l\u2019esprit de cette l\u00e9gislation unique des Etats membres de la CIMA, le r\u00e8glement amiable peut se faire sans l\u2019application scrupuleuse de bar\u00e8me susmentionn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Mais, la lettre de l\u2019article 243 du Code CIMA a souvent amen\u00e9 certains acteurs \u00e0 songer \u00e0 une indemnisation qui devrait \u00eatre align\u00e9e scrupuleusement bar\u00e8me d\u00e9coulant des diff\u00e9rentes dispositions du Livre 2 du Code CIMA. Il en r\u00e9sulte donc une tendance qui incline \u00e0 penser que le r\u00e8glement, qu\u2019il soit amiable ou contentieux, ne d\u00e9bouche que sur une indemnisation conforme audit bar\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">C\u2019est pourquoi le Conseil des Ministres va \u00eatre saisi en interpr\u00e9tation en application des dispositions du Trait\u00e9 CIMA. Le socle ci-dessus d\u00e9crit sera alors ajust\u00e9 par un fondement compl\u00e9mentaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>1-2\/<\/strong> <strong><u>Le fondement compl\u00e9mentaire de la phase initiale de la transaction&nbsp;: l\u2019interpr\u00e9tation donn\u00e9e par le Conseil des Ministres<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">En date du 25 avril 2001 le Conseil des Ministres des assurances de la CIMA (CMA) a donn\u00e9 l\u2019interpr\u00e9tation dont la teneur suit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">\u00ab <em>Aux termes des articles 239 alin\u00e9a 1<sup>er<\/sup> et 260 alin\u00e9a 3, dans les d\u00e9lais pr\u00e9vus \u00e0 l&#8217;article 231, l\u2019assureur et l\u2019assur\u00e9 sont libres de transiger sur le montant de l\u2019indemnit\u00e9. Par cons\u00e9quent, ils ne sont pas tenus d\u2019appliquer le bar\u00e8me pr\u00e9vu aux articles 258 et suivants du Code. Au-del\u00e0 de cette p\u00e9riode, l\u2019application du bar\u00e8me devient imp\u00e9rative m\u00eame lorsque l\u2019affaire est port\u00e9e devant les tribunaux<\/em> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Cette interpr\u00e9tation qui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e en application de l\u2019article 49 du Trait\u00e9 CIMA qui dispose que&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">\u00ab&nbsp;<strong>Le Conseil statue sur l\u2019interpr\u00e9tation du pr\u00e9sent Trait\u00e9 et des actes \u00e9tablis par les organes de la Conf\u00e9rence \u00e0 la demande d\u2019un Etat membre, ou de sa propre initiative s\u2019il apparait que des divergences d\u2019interpr\u00e9tation dans les d\u00e9cisions des juridictions nationales sont susceptibles de faire obstacle \u00e0 l\u2019application uniforme du droit de la Conf\u00e9rence.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>Les interpr\u00e9tations \u00e9tablies par le Conseil s\u2019imposent \u00e0 toutes les autorit\u00e9s nationales administratives et judiciaires.<\/strong>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Ce qui est vis\u00e9 c\u2019est la comp\u00e9tence du CMA lorsque la compr\u00e9hension ou l\u2019interpr\u00e9tation d\u2019une ou plusieurs dispositions du droit CIMA est divergente de telle sorte que son application uniforme soit compromise. Les titulaires de la saisine du CMA sont soit les Etats membres soit le CMA lui-m\u00eame (auto-saisine). Il est vrai que le texte vise \u00ab&nbsp;les divergences d\u2019interpr\u00e9tation dans les d\u00e9cisions des juridictions nationales&nbsp;\u00bb, mais il faut retenir toute divergence d\u2019interpr\u00e9tation au niveau des acteurs charg\u00e9s de l\u2019application du droit CIMA.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Dans le m\u00eame sens, il faut penser que les interpr\u00e9tations \u00e9tablies par le CMA ne s\u2019imposent pas en r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019aux autorit\u00e9s nationales et judiciaires. Elles s\u2019imposent \u00e0 tous les sujets du droit CIMA. Nous sommes l\u00e0 en pr\u00e9sence de l\u2019autorit\u00e9 de la chose interpr\u00e9t\u00e9e dont la port\u00e9e ne peut pas \u00eatre limit\u00e9e \u00e0 certains acteurs seulement&nbsp;; les interpr\u00e9tations rentrant dans le commerce juridique au m\u00eame titre que les dispositions interpr\u00e9t\u00e9es. Peut-\u00eatre faudrait-il une auto-saisine du CMA pour confirmer cette interpr\u00e9tation de l\u2019article 49 du Trait\u00e9 CIMA&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Les donn\u00e9es contextuelles de cette interpr\u00e9tation se r\u00e9sument essentiellement, \u00e0 ce moment-l\u00e0, \u00e0 une divergence de compr\u00e9hension et\/ou d\u2019interpr\u00e9tation d\u2019un groupe de dispositions du droit CIMA inh\u00e9rentes \u00e0 la facult\u00e9 de transaction, \u00e9l\u00e9ment du dispositif d\u2019indemnisation du pr\u00e9judice corporel r\u00e9sultant d\u2019accident de la circulation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Une premi\u00e8re analyse conduisait \u00e0 penser que la facult\u00e9 de transiger convient au r\u00e8glement amiable de ces sinistres&nbsp;; le d\u00e9lai de l\u2019article 231 du Code CIMA n\u2019\u00e9tant pas encore \u00e9puis\u00e9. Et dans ce cas, les offres d\u2019indemnit\u00e9 pouvaient \u00eatre inf\u00e9rieures aux sommes qui r\u00e9sulteraient de l\u2019application stricte du bar\u00e8me pr\u00e9vu par le m\u00eame Code. Le fondement de cette premi\u00e8re analyse \u00e9tait tir\u00e9 de la lecture conjointe des articles 239 et 260 alin\u00e9a 3 dudit Code.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Une seconde analyse retenait que rien n\u2019autorise que l\u2019offre d\u2019indemnit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 l\u2019indemnisation du pr\u00e9judice corporel d\u2019une victime d\u2019un accident de la circulation en zone CIMA, et \u00e0 plus forte raison le quantum de l\u2019indemnit\u00e9 effectivement pay\u00e9e, soit inf\u00e9rieure aux sommes que l\u2019on obtient en appliquant strictement le bar\u00e8me pr\u00e9vu par le Code CIMA. Le fondement de cette seconde analyse \u00e9tait tir\u00e9 d\u2019une appropriation de l\u2019article 243 alin\u00e9a 1<sup>er<\/sup> du Code CIMA qui pr\u00e9voit que&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">\u00ab&nbsp;<strong>L&#8217;offre d&#8217;indemnit\u00e9 doit indiquer, outre les mentions exig\u00e9es par l&#8217;article 231, l&#8217;\u00e9valuation de chaque chef de pr\u00e9judice et les sommes qui reviennent au b\u00e9n\u00e9ficiaire.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Le CMA a donn\u00e9 une interpr\u00e9tation qui privil\u00e9gie la premi\u00e8re analyse. Y proc\u00e9dant, elle a implicitement r\u00e9fut\u00e9 l\u2019autre en indiquant que&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>les articles 231 et 243 pr\u00e9cisent le contenu de l&#8217;offre en imposant \u00e0 l&#8217;assureur d&#8217;y mentionner tous les \u00e9l\u00e9ments indemnisables du pr\u00e9judice, sans pr\u00e9ciser que le contenu de l&#8217;offre doit \u00eatre conforme aux articles 258 et suivants<\/em>.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Il a d\u00e9gag\u00e9 une id\u00e9e de compl\u00e9tude des groupes d\u2019articles soumis \u00e0 son interpr\u00e9tation, en lieu et place de la contradiction qui lui avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Les principales raisons qui semblent avoir motiv\u00e9 une telle interpr\u00e9tation sont les suivantes :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li class=\"\">L\u2019offre d\u2019indemnit\u00e9 devait toujours comporter tous les \u00e9l\u00e9ments du pr\u00e9judice indemnisable&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li class=\"\">La facult\u00e9 de transiger n\u2019\u00e9tait pas par principe infinie. Le motif utilis\u00e9 \u00e0 ce niveau par le CMA \u00e9tait que \u00ab&nbsp;<em>les articles 239 alin\u00e9a 1<sup>er<\/sup> et 260 alin\u00e9a 3 donnent \u00e0 l&#8217;assureur et \u00e0 la victime la facult\u00e9 de transiger librement dans les douze mois suivant la survenance du sinistre et de trouver un accord sur l&#8217;indemnit\u00e9.&nbsp;S&#8217;ils ne sont pas parvenus \u00e0 un accord dans ce d\u00e9lai, l\u2019indemnit\u00e9 est calcul\u00e9e suivant les modalit\u00e9s des articles 258 et suivants. <\/em>\u00bb&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li class=\"\">La victime \u00e9tait libre d&#8217;accepter ou de refuser l&#8217;offre de l&#8217;assureur. Dans cet ordre d\u2019id\u00e9e, le CMA indiquait que \u00ab&nbsp;<em>Si \u00e0 l\u2019expiration du d\u00e9lai de douze mois, \u00e0 compter de l\u2019accident, les deux parties ne sont pas parvenues \u00e0 s&#8217;accorder sur le montant de l&#8217;indemnit\u00e9, cette derni\u00e8re est calcul\u00e9e, m\u00eame lorsque l&#8217;affaire est port\u00e9e en justice, sur la base du bar\u00e8me pr\u00e9vu par les articles 258 et suivants du Code<\/em>.&nbsp;\u00bb&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li class=\"\">La facult\u00e9 de transiger avait un double objectif clairement affich\u00e9 par le CMA, l\u2019un qualitatif (<em>r\u00e9duire les d\u00e9lais de paiement des sinistres<\/em>) et l\u2019autre quantitatif (<em>indemniser le plus grand nombre de victimes sans rompre l&#8217;\u00e9quilibre des compagnies d&#8217;assurances<\/em>).<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"\">Cette facult\u00e9 de transiger n\u2019a pourtant pas \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e de fa\u00e7on univoque ou uniforme par les Compagnies d\u2019assurance de la zone CIMA.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>1-3\/<\/strong> <strong><u>La mise en pratique de la phase initiale par les compagnies d\u2019assurance<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La mise en pratique de cette interpr\u00e9tation ne s\u2019est pas faite dans un climat d\u2019unanimit\u00e9 au sein des compagnies d\u2019assurance de la zone CIMA dans la mesure o\u00f9 deux principales tendances se sont d\u00e9gag\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La premi\u00e8re tendance \u00e9tait celle d\u2019une indemnisation conforme au bar\u00e8me d\u00e9coulant des dispositions du Code CIMA. Il s\u2019agissait surtout du choix des filiales des groupes occidentaux. Pour elles, toutes les composantes du bar\u00e8me susvis\u00e9 leur demeuraient opposables. C\u2019est pourquoi elles en donnaient l\u2019entier b\u00e9n\u00e9fice aux victimes. On se rappelle que ce bar\u00e8me pr\u00e9voit pour l\u2019essentiel les param\u00e8tres ci-apr\u00e8s&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li class=\"\">Une liste limitative de postes de pr\u00e9judices indemnisables&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li class=\"\">Une liste limitative de b\u00e9n\u00e9ficiaires&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li class=\"\">Un encadrement de bout en bout du quantum de l\u2019indemnit\u00e9 due (assiette de calcul, r\u00e8gle de calcul, limite et plafond d\u2019indemnisation).<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"\">C\u2019est ainsi que ces compagnies faisaient une offre d\u2019indemnit\u00e9 ou une offre de transaction en fonction des param\u00e8tres susmentionn\u00e9s. Le quantum de leur indemnit\u00e9 \u00e9tait le m\u00eame pour des situations identiques. Les modalit\u00e9s de calcul de l\u2019indemnit\u00e9 ne diff\u00e9raient pas selon qu\u2019on \u00e9tait en pr\u00e9sence d\u2019un r\u00e8glement amiable ou d\u2019un r\u00e8glement contentieux. Ces compagnies provisionnaient leurs dossiers en fonction des donn\u00e9es du bar\u00e8me du Code CIMA. La facult\u00e9 de d\u00e9nonciation de la transaction restait pr\u00e9serv\u00e9e selon la lettre et l\u2019esprit du texte de l\u2019article 235 dudit Code.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Sur le plan th\u00e9orique, on peut dire que cette premi\u00e8re tendance consid\u00e9rait implicitement que le pr\u00e9judice corporel des victimes d\u2019accident de la circulation en zone CIMA \u00e9tait une situation juridique subjective qui d\u00e9pend de la loi que ce soit dans leur cr\u00e9ation que dans leurs effets. Elles avaient d\u00e9clin\u00e9 les avantages potentiels qui d\u00e9coulaient de l\u2019interpr\u00e9tation donn\u00e9e en date du 25 avril 2001 par le CMA. La transaction avait, dans ce cas, les crit\u00e8res dominants d\u2019une situation juridique l\u00e9gale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La seconde tendance \u00e9tait celle d\u2019une indemnisation n\u00e9goci\u00e9e. La transaction \u00e9tait un document qui finalisait ladite n\u00e9gociation. Cette seconde tendance qui r\u00e9unissait le plus grand nombre de suffrages a profit\u00e9 de tous les atouts de l\u2019interpr\u00e9tation donn\u00e9e par le CMA. Ces compagnies avaient le loisir d\u2019avoir une politique d\u2019indemnisation li\u00e9e \u00e0 leurs pr\u00e9visions ou leurs objectifs en mati\u00e8re de charges de sinistres. En pr\u00e9sence de param\u00e8tres d\u2019indemnisation identiques, on pouvait avoir des options d\u2019indemnisation diff\u00e9rentes, avec au passage une neutralisation silencieuse de la facult\u00e9 de d\u00e9nonciation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Sur le plan th\u00e9orique, on peut dire que cette seconde tendance consid\u00e9rait implicitement que le pr\u00e9judice corporel des victimes d\u2019accident de la circulation en zone CIMA \u00e9tait une situation juridique subjective qui d\u00e9pend de la loi dans sa cr\u00e9ation et de la volont\u00e9 des protagonistes dans ses effets. La transaction avait, dans ce cas, les crit\u00e8res dominants d\u2019une situation juridique contractuelle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Pour cette phase initiale qui est la premi\u00e8re vie de la transaction pr\u00e9vue par le Livre 2 du Code CIMA, nous pouvons retenir qu\u2019elle a commenc\u00e9 avec l\u2019entr\u00e9e en vigueur dudit Code. Elle a connu un tournant d\u00e9cisif avec l\u2019interpr\u00e9tation donn\u00e9e par le Conseil des Ministres en date du 25 avril 2001.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Dans cette phase, le l\u00e9gislateur CIMA a donn\u00e9 pratiquement les m\u00eames couleurs et la m\u00eame port\u00e9e de la transaction de droit commun \u00e0 celle pr\u00e9vue par le Livre 2 du Code CIMA. C\u2019\u00e9tait le syst\u00e8me d\u2019une r\u00e9paration librement n\u00e9goci\u00e9e du pr\u00e9judice entre les parties, la Compagnie d\u2019assurance et le b\u00e9n\u00e9ficiaire de l\u2019indemnit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Ce syst\u00e8me renvoie aussi \u00e0 l\u2019id\u00e9e de l\u2019intervention et de la n\u00e9cessit\u00e9 de la transaction dans la chaine de valeurs des sinistres RC Dommages corporels. Dans cette phase, le recours au bar\u00e8me n\u2019\u00e9tait pas obligatoire. Il ne s\u2019imposait pas aux parties. L\u2019indemnisation r\u00e9sultait essentiellement de la volont\u00e9 des parties consign\u00e9e par \u00e9crit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Cette phase a pris fin d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e en vigueur du R\u00e8glement du 11 avril 2011 portant suspension de la facult\u00e9 de transaction pour laisser la place \u00e0 la deuxi\u00e8me qu\u2019il convient \u00e0 pr\u00e9sent de pr\u00e9senter et d\u2019examiner.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>2\/ <u>LA PHASE INTERMEDIAIRE OU TRANSITOIRE DE LA TRANSACTION DANS LE LIVRE 2 DU CODE CIMA<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La phase interm\u00e9diaire ou transitoire de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA, c\u2019est celle qui est \u00e0 mi-chemin entre la phase initiale et la phase actuelle de ladite transaction. C\u2019est la deuxi\u00e8me vie de la transaction dans le Code CIMA.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Il faut en connaitre la formulation l\u00e9gale (<strong>2-1<\/strong>) et les contours juridiques de l\u2019\u00e9diction de la norme y relative (<strong>2-2<\/strong>). Il est aussi important de mettre en lumi\u00e8re ses m\u00e9sinterpr\u00e9tations qui peuvent parfois faire retenir, \u00e0 tort, que la transaction n\u2019existe plus dans le Livre 2 du Code CIMA (<strong>2-3<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>2-1\/<\/strong> <strong><u>La formulation l\u00e9gale de la phase interm\u00e9diaire ou transitoire de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">En date du 11 avril 2011, le CMA a \u00e9dict\u00e9 le R\u00e8glement N\u00b0 0003\/CIMA\/PCMA\/PCE dont l\u2019objet \u00e9tait sans appel&nbsp;: la suspension de la facult\u00e9 de transaction pr\u00e9vue dans le Livre 2 du Code des assurances des Etats membres de la CIMA.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">L\u2019article 1<sup>er<\/sup> dudit r\u00e8glement pr\u00e9voyait que&nbsp;: \u00ab&nbsp;<strong>La facult\u00e9 de transaction sur l\u2019indemnit\u00e9 r\u00e9sultant d\u2019accident de la circulation \u00e0 allouer \u00e0 la victime directe ou aux ayants droit de la victime d\u00e9c\u00e9d\u00e9e pr\u00e9vue aux articles 231 et suivants du code des assurances est suspendue.<\/strong>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Il compl\u00e9tait en son article 2 en disposant que&nbsp;: \u00ab&nbsp;<strong>Les soci\u00e9t\u00e9s d\u2019assurance sont tenues d\u2019appliquer sans abattement le bar\u00e8me pr\u00e9vu aux articles 258 et suivants du code des assurances en attendant les r\u00e9formes \u00e0 apporter aux dispositions du code des assurances relatives \u00e0 l\u2019indemnisation du pr\u00e9judice corporel r\u00e9sultant d\u2019accident de la circulation. En cons\u00e9quence, il est formellement interdit aux soci\u00e9t\u00e9s d\u2019assurances de proposer \u00e0 la victime directe ou aux ayants droit de la victime d\u00e9c\u00e9d\u00e9e, une indemnit\u00e9 inf\u00e9rieure au bar\u00e8me.<\/strong>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Ce qui \u00e9tait vis\u00e9, ce n\u2019est pas le m\u00e9canisme de la transaction. C\u2019\u00e9tait la facult\u00e9 de transaction que le CMA pr\u00e9sente comme la possibilit\u00e9 de l\u2019octroi d\u2019une indemnit\u00e9 inf\u00e9rieure au bar\u00e8me. C\u2019\u00e9tait aussi une indemnit\u00e9 obtenue \u00e0 la suite d\u2019un ou plusieurs abattements du bar\u00e8me pr\u00e9vu par les articles 258 et suivants du Code CIMA.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Le contexte&nbsp;de l\u2019\u00e9diction de ce r\u00e8glement \u00e9tait dual est tir\u00e9 des deux consid\u00e9rants formant le visa dudit r\u00e8glement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Le premier consid\u00e9rant \u00e9tait d\u2019ordre g\u00e9n\u00e9ral. Il donne \u00e0 penser que le R\u00e8glement du 11 avril 2011 est l\u2019un des r\u00e9sultats des \u00ab&nbsp;<em>r\u00e9formes qu\u2019il conviendrait d\u2019apporter aux dispositions du code des assurances relatives \u00e0 l\u2019indemnisation du pr\u00e9judice corporel r\u00e9sultant d\u2019accident de la circulation<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Le second consid\u00e9rant \u00e9tait plus sp\u00e9cifique. Il sonne comme un regret, une d\u00e9solation ou mieux comme une transgression malheureuse qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte et qu\u2019il fallait neutraliser. Il vise ainsi \u00ab&nbsp;<em>les abus de certaines soci\u00e9t\u00e9s d\u2019assurance dans l\u2019application de la facult\u00e9 de transaction pr\u00e9vue dans le code des assurances au d\u00e9triment des victimes directes et des ayants droit des victimes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Ce r\u00e8glement confirmait la posture d\u2019organe directeur de la CIMA d\u00e9volue au CMA qui a, pour reprendre les termes de l\u2019article 46 alin\u00e9a 3 du Trait\u00e9 CIMA, mis en \u0153uvre \u00ab&nbsp;<strong>les mesures n\u00e9cessaires au r\u00e9tablissement du bon ordre juridique<\/strong>&nbsp;\u00bb dans le cadre sp\u00e9cifique de l\u2019indemnisation du pr\u00e9judice corporel des victimes d\u2019accident de la circulation en zone CIMA. Cette posture fait partie des contours juridiques de l\u2019\u00e9diction de la phase interm\u00e9diaire ou transitoire de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA que nous allons approfondir dans les lignes qui vont suivre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>2-2\/<\/strong> <strong><u>Les contours juridiques de l\u2019\u00e9diction de la phase interm\u00e9diaire ou transitoire de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Le r\u00e8glement portant suspension de la facult\u00e9 de transaction dans le Livre 2 du Code CIMA a un r\u00e9gime juridique. C\u2019est un fondement l\u00e9gal qui a son fondement juridique en droit CIMA. Son caract\u00e8re supranational, sa port\u00e9e et ses traits caract\u00e9ristiques m\u00e9ritent aussi d\u2019\u00eatre mis en lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Le visa de ce r\u00e8glement contient l\u2019essentiel de son fondement juridique. Ce sont les articles 6, 39 \u00e0 42 du Trait\u00e9 CIMA. Chacun de ses articles renseigne sur son auteur, ses effets, les modalit\u00e9s de son entr\u00e9e en vigueur et sa port\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">En ce qui concerne l\u2019article 6 du Trait\u00e9 CIMA, il donne entre autres comp\u00e9tences au CMA pour veiller \u00e0 l\u2019application de la l\u00e9gislation unique des assurances (le Code CIMA) par les Etats membres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Pour ce qui est des articles 39 \u00e0 42 dudit Trait\u00e9, ils se rapportent pour le cas d\u2019esp\u00e8ce au r\u00e9gime juridique des r\u00e8glements qui font partie de l\u2019ordonnancement juridique de la CIMA au m\u00eame titre que les d\u00e9cisions, les recommandations et les avis. Ces r\u00e8glements ont une port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale. Ils sont rev\u00eatus du double caract\u00e8re d\u2019effet direct et d\u2019applicabilit\u00e9 imm\u00e9diate.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">L\u2019effet direct est la possibilit\u00e9 que ses sujets de droit ont de s\u2019en pr\u00e9valoir \u00e0 l\u2019\u00e9gard de tout autre sujet de droit et m\u00eame devant les instances judiciaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Quant \u00e0 l\u2019applicabilit\u00e9 imm\u00e9diate, elle renvoie \u00e0 son insertion dans l\u2019ordre juridique des Etats membres sans la m\u00e9diation des m\u00e9canismes \u00e9tatiques de r\u00e9ception.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Ils doivent \u00eatre publi\u00e9s au bulletin officiel de la CIMA et deviennent ex\u00e9cutoires le premier jour du mois qui suit la date de leur publication dans ce bulletin officiel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>2-3\/<\/strong> <strong><u>La dur\u00e9e r\u00e9elle et les appropriations incertaines ou d\u00e9cal\u00e9es de la phase interm\u00e9diaire ou transitoire de la transaction de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La suspension consiste \u00e0 remettre \u00e0 plus tard. C\u2019est une cessation momentan\u00e9e. C\u2019est un retrait temporaire. Ce qu\u2019il faut comprendre c\u2019est ce qui a \u00e9t\u00e9 suspendu. Il faut d\u00e9finir le p\u00e9rim\u00e8tre de cette suspension. Et celui-ci est implicitement d\u00e9termin\u00e9 par ce r\u00e8glement lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">L\u2019alin\u00e9a 2 dudit r\u00e8glement renvoyait clairement une p\u00e9riode d\u2019attente des \u00ab&nbsp;r\u00e9formes \u00e0 apporter aux dispositions du code des assurances relatives \u00e0 l\u2019indemnisation du pr\u00e9judice corporel r\u00e9sultant d\u2019accident de la circulation.&nbsp;\u00bb. C\u2019est le m\u00e9canisme de l\u2019abrogation qui devait donc mettre fin \u00e0 ce r\u00e8glement. L\u2019abrogation est d\u00e9finie comme le retrait du commerce juridique d\u2019une norme. C\u2019est la sortie de vigueur pour l\u2019avenir d\u2019un texte juridique de caract\u00e8re ex\u00e9cutoire. Elle peut \u00eatre expresse ou tacite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">L\u2019abrogation expresse ou explicite existe lorsqu\u2019un nouveau texte juridique contient un \u00e9nonc\u00e9 relatif \u00e0 la sortie de vigueur d\u2019un ou de plusieurs textes juridiques qui l\u2019ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9. Dans le cadre de l\u2019abrogation expresse, on peut avoir l\u2019une des formules suivantes&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Sont abrog\u00e9es toutes les dispositions contraires au pr\u00e9sent R\u00e8glement.<\/em>&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;<em>Le pr\u00e9sent R\u00e8glement abroge toutes les dispositions ant\u00e9rieures qui lui sont contraires.<\/em>&nbsp;\u00bb On parle de disposition abrogatoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Une telle disposition n\u2019existe pas dans l\u2019abrogation implicite ou tacite. Celle-ci est souvent caract\u00e9ris\u00e9e d\u00e8s lors qu\u2019un nouveau texte juridique contient des dispositions incompatibles avec une ou plusieurs dispositions ant\u00e9rieures.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">On peut v\u00e9rifier l\u2019abrogation du R\u00e8glement du 11 avril 2011 sous le double angle tacite et express afin de faire disparaitre dans certains esprits ce Pont aux \u00e2nes qu\u2019est l\u2019ombre dudit R\u00e8glement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Sous l\u2019angle de l\u2019abrogation tacite, on peut noter que ce r\u00e8glement ne peut plus s\u2019appliquer d\u00e8s lors que les \u00ab&nbsp;r\u00e9formes \u00e0 apporter aux dispositions du code des assurances relatives \u00e0 l\u2019indemnisation du pr\u00e9judice corporel r\u00e9sultant d\u2019accident de la circulation&nbsp;\u00bb ne sont plus attendues.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Ces r\u00e9formes ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 faites et sont d\u00e9j\u00e0 en vigueur. Sa pr\u00e9sence dans les diff\u00e9rentes versions du Code des assurances publi\u00e9es sous l\u2019\u00e9gide de la CIMA ne doit pas faire penser qu\u2019elle est encore en vigueur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Sous l\u2019angle de l\u2019abrogation explicite, le R\u00e8glement N\u00b0 0002\/CIMA\/PCMA\/PCE\/2014 du 03 avril 2014 modifiant certaines dispositions du code des assurances relatives \u00e0 l\u2019indemnisation des victimes d\u2019accidents de la circulation pr\u00e9voit express\u00e9ment en son article 3 qu\u2019il \u00ab&nbsp;annule toute disposition ant\u00e9rieure contraire&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Cette phase interm\u00e9diaire ou transitoire que nous nous venons de pr\u00e9senter est comprise entre l\u2019entr\u00e9e en vigueur du R\u00e8glement du 11 avril 2011 portant suspension de la facult\u00e9 de transaction et celle du R\u00e8glement du 03 avril 2014. Pendant cette phase, le l\u00e9gislateur CIMA a formellement mis fin \u00e0 la transaction telle qu\u2019elle se pratiquait en application de la lettre et de l\u2019esprit qui s\u2019inf\u00e9raient de la phase initiale susmentionn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">S\u2019il n\u2019a pas supprim\u00e9 la transaction dans la chaine de valeurs des sinistres RC Dommages corporels, il a surtout contraint les Compagnies d\u2019assurance \u00e0 r\u00e9gler et payer lesdits sinistres conform\u00e9ment au bar\u00e8me. La transaction n\u2019\u00e9tait alors qu\u2019un document qui constate qu\u2019un sinistre RC Dommages corporels a \u00e9t\u00e9 instruit et r\u00e9gl\u00e9 suivant le bar\u00e8me d\u00e9coulant du Livre 2 du Code CIMA.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Du reste, cette phase interm\u00e9diaire ou transitoire n\u2019a pas \u00e9t\u00e9, comme dans certains cas, ce provisoire qui devient pesamment d\u00e9finitif. Elle a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par la phase actuelle qui est la troisi\u00e8me vie de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>3\/ <u>LA PHASE ACTUELLE DE LA TRANSACTION DANS LE LIVRE 2 DU CODE CIMA<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La troisi\u00e8me vie de la transaction dans le Code CIMA, c\u2019est sa phase actuelle. C\u2019est celle qui est post\u00e9rieure \u00e0 la phase interm\u00e9diaire ou transitoire. La trajectoire que le l\u00e9gislateur supranational CIMA lui a donn\u00e9e est duale&nbsp;: une red\u00e9finition (<strong>3-2<\/strong>) et un ajustement de sa port\u00e9e (<strong>3-3<\/strong>). Le fondement l\u00e9gal de cette troisi\u00e8me vie de la transaction doit aussi \u00eatre connu (<strong>3-1<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>3-1\/<\/strong> <strong><u>Le fondement l\u00e9gal de la phase actuelle de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">C\u2019est trois ans apr\u00e8s le r\u00e8glement relatif \u00e0 la suspension de la facult\u00e9 de transaction que le CMA a choisi de reb\u00e2tir les colonnes du temple de la transaction du Livre 2 du Code CIMA. C\u2019est en effet avec l\u2019\u00e9diction du R\u00e8glement N\u00b00002\/CIMA\/PCMA\/PCE\/2014 du 03 avril 2014 modifiant certaines dispositions du code des assurances relatives \u00e0 l\u2019indemnisation des victimes d\u2019accidents de la circulation que la CMA a d\u00e9cid\u00e9 de reb\u00e2tir les colonnes du temple de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">On peut d\u00e9sormais consid\u00e9rer les articles 231 et suivants du Code CIMA qu\u2019il a modifi\u00e9s comme la charpente du r\u00e9gime juridique de la transaction en zone CIMA. Les r\u00e9formes majeures qui avaient \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9es par le r\u00e8glement relatif \u00e0 la suspension de la facult\u00e9 de transaction concernent pour la plupart l\u2019article 231 dudit Code.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La r\u00e9forme du 03 avril 2014 a ajout\u00e9 trois alin\u00e9as \u00e0 l\u2019article 231 \u00e0 cette nouvelle charpente du r\u00e9gime juridique de la transaction en droit CIMA. Chacun de ces nouveaux alin\u00e9as se pr\u00e9sente comme suit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">\u00ab&nbsp;<strong>L\u2019offre d\u2019indemnit\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e ne saurait \u00eatre inf\u00e9rieure au montant qui r\u00e9sulterait de l\u2019application des modalit\u00e9s de calcul des articles 260 et suivants.<\/strong>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">C\u2019est le nouvel alin\u00e9a 2 de l\u2019article 231 du Code CIMA.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">\u00ab&nbsp;<strong>L\u2019absence de pr\u00e9sentation d\u2019offre dans les d\u00e9lais sus mentionn\u00e9s, est passible des sanctions administratives prononc\u00e9es par la Commission.<\/strong>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">C\u2019est le nouvel alin\u00e9a 3 de l\u2019article 231 du Code CIMA.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">\u00ab&nbsp;<strong>La victime directe ou ses ayants droit ont la facult\u00e9 de saisir l\u2019assureur garant de la responsabilit\u00e9 civile du v\u00e9hicule terrestre d\u2019une demande motiv\u00e9e d\u2019indemnisation. Celui-ci dispose d\u2019un d\u00e9lai de 30 jours pour r\u00e9pondre \u00e0 cette demande.<\/strong>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">C\u2019est le nouvel alin\u00e9a 7 de l\u2019article 231 du Code CIMA. Et chacun de ces alin\u00e9as a un sens dans cette r\u00e9forme l\u00e9gislative.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Le nouvel alin\u00e9a 2 de l\u2019article 231 du Code CIMA sort implicitement du commerce juridique l\u2019interpr\u00e9tation donn\u00e9e par le CMA en date 25 avril 2001. Il reconduit en revanche l\u2019esprit du r\u00e8glement du 11 avril 2011 portant suspension de la facult\u00e9 de transaction. D\u00e9sormais, le r\u00e8glement amiable et le r\u00e8glement contentieux doivent aboutir au m\u00eame d\u00e9compte de l\u2019indemnit\u00e9. On peut toutefois regretter deux faiblesses d\u2019ordre l\u00e9gistique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La premi\u00e8re est celle relative aux dispositions de renvoi qui auraient trait au bar\u00e8me. En effet, renvoyer aux articles 260 et suivants est r\u00e9ducteur, puisqu\u2019il y a une omission de deux postes de pr\u00e9judice pr\u00e9vus respectivement par les articles 258 et 259 dudit Code. Il aurait donc fallu renvoyer aux articles 258 et suivants du Code CIMA comme cela a \u00e9t\u00e9 fait dans le r\u00e8glement du 11 avril 2011.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La seconde faiblesse d\u2019ordre l\u00e9gistique est celle de l\u2019article m\u00eame qui contient ce nouvel alin\u00e9a. Il serait plus adapt\u00e9 d\u2019ajouter cet alin\u00e9a \u00e0 l\u2019article 243 opportun\u00e9ment intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;contenu de l\u2019offre&nbsp;\u00bb. Le montant de l\u2019indemnit\u00e9 n\u2019est pas une affaire de d\u00e9lai de pr\u00e9sentation de l\u2019offre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Le nouvel alin\u00e9a 3 de l\u2019article 231 du Code CIMA a essentiellement pour vocation d\u2019indiquer que le non-respect de pr\u00e9sentation de l\u2019offre est susceptible de sanctions administratives. Il est vrai qu\u2019une fois de plus, il y a une faiblesse d\u2019ordre l\u00e9gistique dans la mesure o\u00f9 il conviendrait mieux comme le troisi\u00e8me alin\u00e9a de l\u2019article 233 qui devrait alors \u00eatre intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;offre tardive ou absence d\u2019offre&nbsp;: p\u00e9nalit\u00e9 et sanctions administratives&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Quant au nouvel alin\u00e9a 7 de l\u2019article 231 du Code CIMA, il institue une action directe dont la victime ou ses ayants droit sont titulaires. Cet alin\u00e9a fait tout simplement \u00e9cho \u00e0 l\u2019article 54 du m\u00eame Code. Sa particularit\u00e9 consiste au d\u00e9lai qu\u2019il ajoute, comme une pression suppl\u00e9mentaire dans le processus d\u2019indemnisation du pr\u00e9judice corporel n\u00e9 d\u2019un accident de la circulation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Il est n\u00e9cessaire de souligner que la port\u00e9e de cet alin\u00e9a est notamment temp\u00e9r\u00e9e par les articles 268 et suivants du Code CIMA, d\u2019une part, et par la Circulaire N\u00b00005\/CIMA\/CRCA\/PDT\/2011 du 15 d\u00e9cembre 2011.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Apr\u00e8s avoir scrut\u00e9 la lettre de cette r\u00e9forme, il convient \u00e0 pr\u00e9sent de pr\u00e9senter les grands traits de son esprit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>3-2\/<\/strong> <strong><u>Le renouvellement conceptuel et fonctionnel de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Dans l\u2019esprit de la r\u00e9forme qui d\u00e9coule du R\u00e8glement du 03 avril 2014, nous pouvons d\u00e9celer un renouvellement conceptuel et fonctionnel de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA. Le renouvellement conceptuel fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la nature juridique tandis que le renouvellement fonctionnel renvoie aux terres d\u2019\u00e9lection de ce m\u00e9canisme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La CIMA ne s\u2019est jamais prononc\u00e9e, \u00e0 notre connaissance, sur la nature juridique de la transaction qui sert de cadre \u00e0 la gestion des sinistres de responsabilit\u00e9 civile Dommages corporels. C\u2019est pourquoi il est souvent tentant de transposer le raisonnement juridique tir\u00e9 des articles 2044 et suivants du code civil&nbsp;; la transaction \u00e9tant alors un contrat qui a trait aux concessions r\u00e9ciproques sur lesquelles les parties se sont accord\u00e9es \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un litige n\u00e9 ou d\u2019un litige \u00e0 na\u00eetre. Si tel est le cas, cela voudrait dire qu\u2019une proc\u00e9dure simplifi\u00e9e de recouvrement de cr\u00e9ances comme l\u2019injonction de payer lui serait parfaitement applicable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">C\u2019est cette question qu\u2019a trait\u00e9 la Cour Commune de Justice et d\u2019Arbitrage (CCJA) dans une esp\u00e8ce qu\u2019elle a vid\u00e9 par l\u2019Arr\u00eat N\u00b0 015\/2006 du 29 juin 2006. Elle a d\u00e9cid\u00e9 que la cr\u00e9ance fond\u00e9e sur la transaction sign\u00e9e entre les parties en application des dispositions du Code CIMA en mati\u00e8re de gestion des sinistres ayant occasionn\u00e9 des dommages corporels aux victimes d\u2019accident de la circulation ne \u00ab&nbsp;rev\u00eat aucun caract\u00e8re contractuel&nbsp;\u00bb. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Elle \u00e9taye sa position en soutenant que \u00ab&nbsp;<strong>le fait juridique constituant le fondement direct et imm\u00e9diat du droit r\u00e9clam\u00e9 par le requ\u00e9rant, en d\u2019autres termes, la cause de sa demande, a pour socle l\u2019accident de la circulation et ses cons\u00e9quences dommageables dont son fils X fut victime<\/strong>&nbsp;\u00bb. Elle ajoute que \u00ab&nbsp;<strong>cet accident, qui est un quasi-d\u00e9lit, fonde l\u2019action civile en r\u00e9paration r\u00e9gie par les r\u00e8gles de la responsabilit\u00e9 civile<\/strong>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Quant \u00e0 la port\u00e9e de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA, elle est tant\u00f4t formelle tant\u00f4t substantielle. Il faut bien noter que nous traitons l\u00e0 de ses terres d\u2019\u00e9lection et entendons expliquer \u00e0 quoi elle sert techniquement dans le processus d\u2019indemnisation du pr\u00e9judice corporel des victimes d\u2019accident de la circulation en zone CIMA.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La port\u00e9e formelle de la transaction se rapporte \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une condition de forme du processus de gestion des sinistres de responsabilit\u00e9 civile Dommages corporels. C\u2019est un formalisme de gestion des sinistres, un document qui prouve qu\u2019une \u00e9tape du processus a \u00e9t\u00e9 franchie, en l\u2019occurrence la fin de la proc\u00e9dure d\u2019offre d\u2019indemnit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Nous retiendrons que la transaction est simplement d\u00e9claratoire ou constatatoire des cons\u00e9quences p\u00e9cuniaires de la responsabilit\u00e9 civile li\u00e9e \u00e0 un accident de la circulation pour une victime donn\u00e9e. Elle a trait \u00e0 deux principaux aspects, l\u2019un d\u2019ordre g\u00e9n\u00e9ral, l\u2019autre particulier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Son aspect d\u2019ordre g\u00e9n\u00e9ral est celui qui est tir\u00e9 de la lecture et de la compr\u00e9hension de l\u2019article 235 du Code CIMA intitul\u00e9 \u00ab facult\u00e9 de d\u00e9nonciation de la transaction&nbsp;\u00bb. Cette disposition concerne l\u2019indemnisation des victimes non vis\u00e9es par l\u2019article 234 du m\u00eame Code. Elle sous-entend d\u2019abord qu\u2019un document \u00e9crit d\u00e9nomm\u00e9 transaction doit faire suite \u00e0 l\u2019offre d\u2019indemnit\u00e9 accept\u00e9e par la victime.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Elle pr\u00e9voit ensuite explicitement que la victime a la facult\u00e9 de d\u00e9nonciation de ladite transaction dans les quinze jours de sa conclusion. Et dans ce cas, le seul motif est forc\u00e9ment le non-respect des dispositions du Livre 2 du Code CIMA (il faut surtout entendre par l\u00e0 le bar\u00e8me pr\u00e9vu par ledit Code).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Elle indique enfin que le document de la transaction ou le projet de transaction transmis par l\u2019assureur doit toujours contenir les mentions relatives \u00e0 cette facult\u00e9 de d\u00e9nonciation, celles-ci inscrites en caract\u00e8res tr\u00e8s apparents, sous peine de nullit\u00e9 relative de ladite transaction.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Corr\u00e9l\u00e9 \u00e0 l\u2019article 236 du m\u00eame Code, cette disposition contient la fin de la p\u00e9riode qui pr\u00e9c\u00e8de le point de d\u00e9part du d\u00e9lai de paiement. C\u2019est dire qu\u2019en pratique, c\u2019est l\u2019\u00e9puisement du d\u00e9lai de d\u00e9nonciation de la transaction qui d\u00e9clenche le d\u00e9lai de paiement proprement dit. S\u2019il n\u2019y a pas de transaction, cela veut dire que l\u2019assureur n\u2019a pas octroy\u00e9 la facult\u00e9 de d\u00e9nonciation \u00e0 la victime. Et en l\u2019absence de celle-ci, il n\u2019est pas possible d\u2019avoir le point de d\u00e9part du d\u00e9lai de paiement, et partant, de calculer correctement les int\u00e9r\u00eats de retard qui seraient r\u00e9clam\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La transaction doit donc exister pour cette tra\u00e7abilit\u00e9 et pour faciliter les computations de d\u00e9lai. Sur le plan proc\u00e9dural, elle finalise la phase de r\u00e8glement et permet de savoir si les d\u00e9lais de paiement ont \u00e9t\u00e9 respect\u00e9s par l\u2019assureur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Son aspect d\u2019ordre particulier d\u00e9coule de l\u2019exploitation de l\u2019article 234 du m\u00eame Code intitul\u00e9 \u00ab protection des mineurs et des incapables&nbsp;\u00bb. La transaction y intervient dans le dispositif de protection desdits personnes vuln\u00e9rables. Le formalisme que l\u2019assureur doit respecter consiste \u00e0 se faire autoriser pour tout projet de transaction concernant un majeur sous tutelle ou un mineur. Nous nous en tenons \u00e0 la seule transaction pour ce volet pour lequel, si elle ne s\u2019accompagne pas du formalisme qui pr\u00e9c\u00e8de, peut entrainer une annulation du paiement qui s\u2019en suivrait. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Nous nous imposons un commentaire sp\u00e9cifique de cette disposition \u00e0 l\u2019aulne de l\u2019article 236 du Code CIMA. En effet, cette disposition prend pour point de d\u00e9part l\u2019\u00e9puisement du d\u00e9lai de l\u2019article 235 du m\u00eame Code. Ce qui veut dire que la computation des d\u00e9lais de paiement, pour le cas particulier des mineurs et des incapables ne ressort pas du tout de la lettre du Code CIMA. C\u2019est une autre faiblesse d\u2019ordre l\u00e9gistique qu\u2019il convient de rattraper le moment venu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La port\u00e9e substantielle de la transaction renvoie \u00e0 la sph\u00e8re de n\u00e9gociation qui existe dans le processus de gestion des sinistres de responsabilit\u00e9 civile Dommages corporels. Celle-ci n\u2019est pas simplement d\u00e9clarative des cons\u00e9quences p\u00e9cuniaires de la responsabilit\u00e9 civile li\u00e9e \u00e0 un accident de la circulation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Elle s\u2019ins\u00e8re l\u00e0 o\u00f9 le bar\u00e8me n\u2019est pas fig\u00e9 ou l\u00e0 o\u00f9 il ne s\u2019est pas v\u00e9ritablement prononc\u00e9 soit pour un poste de pr\u00e9judice soit alors pour l\u2019incidence de la responsabilit\u00e9 des protagonistes dans la d\u00e9termination du quantum de l\u2019indemnit\u00e9. Elle a toute son utilit\u00e9 dans les situations qui sont alors n\u00e9gociables par les parties en pr\u00e9sence. C\u2019est ce qui nous fait dire que la transaction est davantage constitutive dans ce cas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">En parcourant le Livre 2 du Code CIMA, nous avons identifi\u00e9 cinq terres d\u2019\u00e9lection de cette port\u00e9e substantielle de la transaction, \u00e0 savoir&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li class=\"\"><em>L\u2019incidence de la faute commise par le conducteur <\/em>: D\u2019apr\u00e8s l\u2019alin\u00e9a 1<sup>er<\/sup> de l\u2019article 227 du Code CIMA&nbsp;: \u00ab&nbsp;<strong>La faute commise par le conducteur du v\u00e9hicule terrestre \u00e0 moteur a pour effet de limiter ou d\u2019exclure l\u2019indemnisation des dommages corporels ou mat\u00e9riels qu\u2019il a subis. Cette limitation ou cette exclusion est opposable aux ayants droit du conducteur et aux personnes l\u00e9s\u00e9es par ricochet.<\/strong>&nbsp;\u00bb C\u2019est le fait d\u2019affecter le coefficient des responsabilit\u00e9s encourues au montant de l\u2019indemnit\u00e9 due. Or, il arrive tr\u00e8s souvent que les parties, apr\u00e8s moult d\u00e9bats, d\u00e9cident de transiger au sens ordinaire du terme sur ce taux de responsabilit\u00e9. Ce qui a une incidence sur la somme qui doit \u00eatre d\u00e9finitivement pay\u00e9e.<\/li>\n\n\n\n<li class=\"\"><em>La r\u00e9paration des dommages aux biens subis par la victime directe <\/em>: Il n\u2019y a pas de r\u00e8gle de d\u00e9termination du quantum de l\u2019indemnit\u00e9 pour ce poste de pr\u00e9judice. Le bar\u00e8me ne s\u2019y applique pas. Ce qui peut conduire \u00e0 une indemnit\u00e9 n\u00e9goci\u00e9e. Il faut ajouter \u00e0 cela l\u2019alin\u00e9a 3 de l\u2019article 228 du Code CIMA d\u2019apr\u00e8s lequel \u00ab&nbsp;<strong>La faute commise par la victime a pour effet de limiter ou d\u2019exclure l\u2019indemnisation des dommages aux biens qu\u2019elle a subis<\/strong>&nbsp;\u00bb.<\/li>\n\n\n\n<li class=\"\"><em>La d\u00e9termination du quantum des frais futurs raisonnables <\/em>: L\u2019alin\u00e9a 4 de l\u2019article 258 du Code CIMA renvoie clairement \u00e0 l\u2019\u00e9valuation forfaitaire. Il n\u2019y a en la mati\u00e8re ni plancher ni plafond. C\u2019est le creuset m\u00eame de la r\u00e9paration n\u00e9goci\u00e9e, celle-ci exigeant seulement l\u2019avis d\u2019un expert.<\/li>\n\n\n\n<li class=\"\"><em>L\u2019indemnisation de l\u2019assistance d\u2019une tierce personne <\/em>: L\u2019article 261 du Code CIMA dispose en son alin\u00e9a 3 que&nbsp;: \u00ab&nbsp;<strong>L\u2019indemnit\u00e9 allou\u00e9e \u00e0 ce titre est plafonn\u00e9e \u00e0 50% de l\u2019indemnit\u00e9 fix\u00e9e pour l\u2019incapacit\u00e9 permanente<\/strong>&nbsp;\u00bb Dans la mesure o\u00f9 ce plafond n\u2019est pas pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 ou accompagn\u00e9 par un plancher et une base stricte de calcul, il y a mati\u00e8re \u00e0 n\u00e9gociation entre les parties.<\/li>\n\n\n\n<li class=\"\"><em>L\u2019indemnisation du pr\u00e9judice scolaire <\/em>: Comme en ce qui concerne le poste de pr\u00e9judice qui pr\u00e9c\u00e8de, le l\u00e9gislateur CIMA n\u2019a pas pr\u00e9vu \u00e0 ce niveau un plancher ou une base stricte de calcul de l\u2019indemnit\u00e9. Le plafond de \u00ab&nbsp;douze mois de bourse officielle de la cat\u00e9gorie correspondante&nbsp;\u00bb n\u2019est donc pas un montant d\u2019indemnit\u00e9 \u00e0 allouer de fa\u00e7on automatique. Dans de nombreux cas, il peut avoir mati\u00e8re \u00e0 n\u00e9gociation sur la substitution de la bourse officielle par une autre assiette, notamment dans les Etats membre o\u00f9 elle n\u2019existe pas dans la cat\u00e9gorie correspondante.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"\">Pour finir, la transaction pr\u00e9vue dans le Livre 2 du Code CIMA, pour l\u2019essentiel est un formalisme de gestion. C\u2019est sa port\u00e9e formelle. Elle peut \u00e9galement intervenir dans quelques cas pr\u00e9cis pour des cas o\u00f9 le bar\u00e8me n\u2019est pas fig\u00e9 ou alors l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019a pas permis d\u2019aboutir \u00e0 un quantum pr\u00e9cis de l\u2019indemnit\u00e9. C\u2019est sa port\u00e9e substantielle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Mais, il y a plus dans cette troisi\u00e8me vie de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA. C\u2019est une meilleure protection de la situation des victimes d\u2019accident de la circulation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong>3-3\/<\/strong> <strong><u>La r\u00e9sultante d\u2019une meilleure protection de la situation des victimes d\u2019accident de la circulation<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Le R\u00e8glement du 03 avril 2014 n\u2019a pas seulement reb\u00e2ti les colonnes du temple de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA. Il a en r\u00e9alit\u00e9 introduit un train de r\u00e9formes sur l\u2019indemnisation du pr\u00e9judice corporel des victimes d\u2019accident de la circulation. En 2016 et en 2022, le CMA a \u00e9dict\u00e9 deux autres r\u00e8glements qui concernent l\u2019arsenal juridique relatif \u00e0 l\u2019indemnisation desdites victimes. Pour le premier cas, il s\u2019agit du R\u00e8glement N\u00b00004\/CIMA\/PCMA\/PCE\/2016 du 08 avril 2016 modifiant et compl\u00e9tant les articles 233 et 236 du code des assurances des Etats membres de la CIMA. Et pour le second cas, c\u2019est le R\u00e8glement N\u00b00004\/CIMA\/PCMA\/PCE\/2021 du 09 f\u00e9vrier 2022 modifiant et compl\u00e9tant les r\u00e9gimes du contrat d\u2019assurance et d\u2019indemnisation des victimes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Il est possible de retenir cet ensemble comme la dynamique qui s\u2019inf\u00e8re de la troisi\u00e8me vie de la transaction dans le Livre 2 du Code CIMA. Elle permet de d\u00e9duire une meilleure protection des assur\u00e9s et victimes de dommages que nous pr\u00e9sentons en neuf points, \u00e0 savoir&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><em>i\/<\/em> <em>Une confirmation du principe de la r\u00e9paration des pr\u00e9judices corporels \u00e0 l\u2019aide d\u2019un bar\u00e8me l\u00e9gal<\/em>. C\u2019est ce principe qui est d\u00e9nomm\u00e9 par certains praticiens le \u00ab&nbsp;principe de la bar\u00e9misation&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><em>ii\/<\/em> <em>Une instauration de la facult\u00e9 de l\u2019action directe de la victime contre l\u2019assureur<\/em>. Cette facult\u00e9 peut s\u2019exercer aussi bien par une r\u00e9clamation amiable que judiciaire, avec la pr\u00e9cision que l\u2019article 239 du Code CIMA oblige le juge saisi \u00e0 attendre l\u2019\u00e9puisement des d\u00e9lais des articles 321 et suivants du m\u00eame Code afin de reconna\u00eetre sa comp\u00e9tence quant \u00e0 la fixation de l\u2019indemnit\u00e9&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><em>iii\/<\/em> <em>Un l\u00e9ger r\u00e9am\u00e9nagement en faveur des victimes du champ de l\u2019assurance obligatoire<\/em>. L\u2019article 206 a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 en son point 1\u00b0) b) pour permettre de r\u00e9parer les cons\u00e9quences p\u00e9cuniaires de la responsabilit\u00e9 li\u00e9e aux dommages subis \u00ab&nbsp;pendant leur service, par les salari\u00e9s ou pr\u00e9pos\u00e9s de l\u2019assur\u00e9 responsable des dommages\u2026&nbsp;\u00bb pour les sommes ou chefs de pr\u00e9judice n\u2019exc\u00e9dant pas les indemnit\u00e9s pr\u00e9vues par le Livre 2 du Code CIMA et pour les seuls chefs de pr\u00e9judice qu\u2019il pr\u00e9voit. On sait que la r\u00e9daction d\u2019origine excluait tous ces aspects&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><em>iv\/<\/em> <em>Une r\u00e9duction, \u00e0 certains \u00e9gards du p\u00e9rim\u00e8tre des exceptions opposables aux victimes<\/em>. Il s\u2019agit en r\u00e9sum\u00e9 d\u2019un r\u00e9am\u00e9nagement de la lettre et de l\u2019esprit de l\u2019article 210 du Code CIMA&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><em>v\/<\/em> <em>Une obligation d\u2019indemniser en fonction du SMIG le plus \u00e9lev\u00e9<\/em>. La formule consacr\u00e9e depuis 2014 est la suivante&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le SMIG s\u2019entend pour le pays sur le territoire duquel s\u2019est produit l\u2019accident, ou, s\u2019il est le plus \u00e9lev\u00e9, pour le pays de l\u2019espace CIMA o\u00f9 la victime a sa r\u00e9sidence habituelle.&nbsp;\u00bb. Il s\u2019agit de la solution des SMIG multiples qui prend en compte les sinistres transfrontaliers et les victimes qui \u00e9taient en situation de migration interne au sein de la zone CIMA&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><em>vi\/<\/em> <em>Une modification \u00e0 la hausse des plafonds et de certaines limites d\u2019indemnisation<\/em>. A titre d\u2019illustration, on est pass\u00e9 d\u2019une indemnit\u00e9 plafonn\u00e9e \u00e0 15 fois le montant du SMIG annuel \u00e0 20 fois le m\u00eame montant pour le pr\u00e9judice moral des ayants droit de la victime d\u00e9c\u00e9d\u00e9e (article 266 du Code CIMA). Ce niveau de plafond a \u00e9t\u00e9 encore plus relev\u00e9 pour l\u2019indemnisation du pr\u00e9judice \u00e9conomique des ayants droit de la victime d\u00e9c\u00e9d\u00e9e (article 265 du Code CIMA). On est pass\u00e9 d\u2019une indemnit\u00e9 plafonn\u00e9e \u00e0 65 fois le montant du SMIG annuel \u00e0 85 fois le m\u00eame montant. Ces rel\u00e8vements de plafonds concernent sept autres postes de pr\u00e9judice&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><em>vii\/<\/em> <em>Une r\u00e9duction des d\u00e9lais d\u2019offre d\u2019indemnit\u00e9<\/em> (article 231 nouveau du Code CIMA), d\u2019une part et de paiement, d\u2019autre part (article 235 nouveau du Code CIMA). On notera tout de m\u00eame que le r\u00e8glement de 2022 n\u2019a pas pr\u00e9vu de r\u00e8gles transitoires alors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un domaine o\u00f9 il existe des situations juridiques consolid\u00e9es mais non encore liquid\u00e9es au moment de son entr\u00e9e en vigueur qui pourraient \u00eatre trait\u00e9es malencontreusement de la m\u00eame mani\u00e8re que les nouvelles. Les exigences d\u2019ordre l\u00e9gistique imposent pour ce cas d\u2019application dans le temps d\u2019une loi nouvelle, des dispositions transitoires qui doivent contenir un volet d\u2019application imm\u00e9diate (pour les situations post\u00e9rieures) et un volet de non-r\u00e9troactivit\u00e9 sur les situations juridiques consolid\u00e9es mais non encore liquid\u00e9es au moment de son entr\u00e9e en vigueur (pour les situations ant\u00e9rieures). Il y a, dans ce risque juridique une ins\u00e9curit\u00e9 juridique et une ins\u00e9curit\u00e9 judiciaire qui peuvent entrainer des risques financiers des compagnies d\u2019assurance et bouleverser l\u2019\u00e9quilibre que la CIMA entend souvent pr\u00e9server&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><em>viii\/<\/em> <em>Une simplification de la proc\u00e9dure de protection des mineurs et des incapables<\/em>. L\u2019autorisation du juge des tutelles \u00e9tait la seule option de protection. La r\u00e9forme a ajout\u00e9 une option pr\u00e9alable, celle du recours aux parents vivants de l\u2019enfant mineurs ou de l\u2019incapable. Ce n\u2019est que dans la mesure o\u00f9 cette option ne peut pas \u00eatre utilis\u00e9e (la plus simple) qu\u2019il y a recours au juge des tutelles et\/ou au conseil de famille (la plus complexe)&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><em>ix\/<\/em> <em>Un double syst\u00e8me de contrainte mat\u00e9rialis\u00e9 par des sanctions p\u00e9cuniaires et des sanctions administratives<\/em>. Les premi\u00e8res sont pr\u00e9vues par les articles 233 et 236 du Code CIMA alors que les secondes d\u00e9coulent des articles 231 alin\u00e9a 3 et 312 du m\u00eame Code. Avant d\u2019\u00e9dicter l\u2019une ou l\u2019autre sanction, il faut tenir compte de l\u2019incidence du r\u00e9gime des suspensions et prorogations des d\u00e9lais pr\u00e9vu par les articles 247 \u00e0 253 du Code CIMA.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Cette r\u00e9forme a donc un double contenu proc\u00e9dural et substantiel et consacre une double garantie des int\u00e9r\u00eats des victimes et de l\u2019\u00e9quilibre des compagnies d\u2019assurance agr\u00e9\u00e9es pour la branche automobile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La phase actuelle que nous venons de d\u00e9crire a commenc\u00e9 d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e en vigueur du R\u00e8glement N\u00b0 0002\/CIMA\/PCMA\/PCE\/2014 du 03 avril 2014 modifiant certaines dispositions du Code des assurances relatives \u00e0 l\u2019indemnisation des victimes d\u2019accident de la circulation. Cette phase qui est encore en vigueur a maintenu la transaction dans la chaine de valeurs des sinistres RC Dommages corporels. C\u2019est une confirmation de l\u2019un des volets de la premi\u00e8re phase.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Ainsi, la transaction est la chaine de valeur comprise entre l\u2019offre d\u2019indemnit\u00e9 et le paiement. Elle constate pour l\u2019essentiel l\u2019accord des parties sur les modalit\u00e9s d\u2019indemnisation conformes au bar\u00e8me d\u00e9coulant du Livre 2 du Code CIMA et d\u00e9clenche un d\u00e9lai de d\u00e9nonciation. C\u2019est l\u2019\u00e9puisement de ce d\u00e9lai, lui-m\u00eame cons\u00e9cutif \u00e0 la transaction qui ouvre les compteurs du d\u00e9lai d\u00e9sormais tr\u00e8s court de la phase de paiement proprement dite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Elle maintient \u00e9galement un volet important de la deuxi\u00e8me phase&nbsp;: contraindre les Compagnies d\u2019assurance \u00e0 r\u00e9gler et payer lesdits sinistres conform\u00e9ment au bar\u00e8me, c\u2019est-\u00e0-dire sans possibilit\u00e9 d\u2019abattement. Ce faisant, le l\u00e9gislateur CIMA ajoute dans cette troisi\u00e8me vie de la transaction l\u2019id\u00e9e des sanctions administratives en cas de non-respect des d\u00e9lais d\u2019offre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Elle laisse une fen\u00eatre restreinte \u00e0 la r\u00e9paration librement n\u00e9goci\u00e9e du pr\u00e9judice entre les parties, mais pour certains cas seulement. La transaction a alors une port\u00e9e formelle et une port\u00e9e substantielle renforc\u00e9es. Elle reste un \u00e9l\u00e9ment particulier de la chaine de valeurs des sinistres RC Dommages corporels qui a parfois du mal \u00e0 \u00eatre compris par les parties prenantes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\"><strong><u>CONCLUSION<\/u><\/strong><strong>&nbsp;: &nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Notre analyse chronologique de la transaction a permis de scruter les traits caract\u00e9ristiques de ce m\u00e9canisme au gr\u00e9 des \u00e9volutions l\u00e9gislatives de cette exp\u00e9rience d\u2019une codification \u00e0 l\u2019\u00e9chelle supranationale qu\u2019est le Code CIMA. De l\u2019entr\u00e9e en vigueur dudit Code, jusqu\u2019\u00e0 ce jour, la transaction a eu trois vies dans ledit Code.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La premi\u00e8re vie qui correspond \u00e0 la phase initiale de la transaction a d\u00e9but\u00e9 avec l\u2019entr\u00e9e en date du 15 f\u00e9vrier 1995 du Code CIMA pour les Etats membres qui avaient d\u00e9j\u00e0 ratifi\u00e9 le Trait\u00e9 CIMA et quinze jours d\u00e8s le d\u00e9p\u00f4t des instruments de ratification pour ceux qui est des Etats qui ne l\u2019avaient pas encore ratifi\u00e9. Cette phase a pris fin d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e en vigueur du R\u00e8glement du 11 avril 2011 portant suspension de la facult\u00e9 de transaction.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La deuxi\u00e8me vie qui est la phase transitoire ou interm\u00e9diaire a commenc\u00e9 d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e en vigueur du R\u00e8glement du 11 avril 2011 susvis\u00e9. Elle a pris fin d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e en vigueur du R\u00e8glement N\u00b0 0002\/CIMA\/PCMA\/PCE\/2014 du 03 avril 2014 modifiant certaines dispositions du Code des assurances relatives \u00e0 l\u2019indemnisation des victimes d\u2019accident de la circulation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">La troisi\u00e8me vie qui est la phase actuelle de la transaction a d\u00e9but\u00e9 d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e en vigueur du R\u00e8glement du 03 avril 2014 susmentionn\u00e9. Il faut le marteler, c\u2019est seulement cette phase qui est en vigueur et doit \u00eatre appliqu\u00e9e&nbsp;; chaque phase l\u00e9gislative ayant \u00e9t\u00e9 abrog\u00e9 par celle qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9dict\u00e9e pour abroger celle qui l\u2019a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Dans l\u2019ensemble, la premi\u00e8re mue de la transaction s\u2019est faite au gr\u00e9 de la recherche d\u2019un \u00e9quilibre entre la protection de l\u2019\u00e9quilibre des compagnies d\u2019assurance et celui des assur\u00e9s et victimes de dommages. A partir de sa deuxi\u00e8me mue, c\u2019est la n\u00e9cessit\u00e9 de la protection des assur\u00e9s et victimes de dommages qui a motiv\u00e9 les r\u00e9formes l\u00e9gislatives. Depuis lors, le pr\u00e9judice corporel des victimes d\u2019accident de la circulation en zone CIMA est consid\u00e9r\u00e9 comme une situation juridique subjective qui d\u00e9pend de la loi que ce soit dans sa cr\u00e9ation que dans ses effets. La transaction reste n\u00e9cessaire dans sa conception fonctionnelle et formelle qui a \u00e9t\u00e9 renouvel\u00e9e par le l\u00e9gislateur CIMA.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Il faut surtout retenir qu\u2019\u00e0 partir de la deuxi\u00e8me vie de la transaction, le l\u00e9gislateur CIMA a chang\u00e9 de perspective. En raison des niveaux d\u2019indemnisation d\u00e9risoires observ\u00e9s dans la premi\u00e8re vie de ladite transaction et des lenteurs dans le processus, il a proc\u00e9d\u00e9 au redressement des colonnes du temple de la transaction du Livre 2 du Code CIMA. Il a transform\u00e9 la lettre et l\u2019esprit du bar\u00e8me d\u2019indemnisation qui d\u00e9coule des articles 258 et suivants dudit Code.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"\">Ces dispositions ne peuvent plus \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es dans le sens d\u2019un ordre public relatif. Il s\u2019agit d\u00e9sormais d\u2019un ordre public de protection qui a, pour sa tr\u00e8s grande partie, un caract\u00e8re absolu. L\u2019on est pass\u00e9 d\u2019un syst\u00e8me o\u00f9 ces dispositions pouvaient \u00eatre regard\u00e9es comme suppl\u00e9tives de volont\u00e9 \u00e0 une perspective o\u00f9 elles sont, pour l\u2019essentiel, des dispositions imp\u00e9ratives.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Par OMBOLO MENOGA Pierre Emmanuel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Cet article a pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans le blog de l\u2019Association Lumi\u00e8re du Droit&nbsp;: <\/strong><a href=\"http:\/\/WWW.LUMIAIREDUDROIT.CENTERBLOG.NET\"><strong>WWW.LUMIAIREDUDROIT.CENTERBLOG.NET<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>www.jurantiel.com, Par OMBOLO MENOGA Pierre Emmanuel RESUME La transaction est d\u00e9finie en droit commun par l\u2019article 2044 du Code civil comme \u00ab&nbsp;un contrat par lequel les parties terminent une contestation n\u00e9e, ou pr\u00e9viennent une contestation \u00e0 na\u00eetre&nbsp;\u00bb. C\u2019est de ce fait un contrat \u00e9crit par lequel les parties s\u2019accordent des concessions r\u00e9ciproques soit pour un [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"nf_dc_page":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[13],"tags":[],"class_list":["post-112","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-cles-du-droit-cima"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/jurantiel.com\/accueil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/112","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/jurantiel.com\/accueil\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/jurantiel.com\/accueil\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jurantiel.com\/accueil\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jurantiel.com\/accueil\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=112"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/jurantiel.com\/accueil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/112\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":134,"href":"https:\/\/jurantiel.com\/accueil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/112\/revisions\/134"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/jurantiel.com\/accueil\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=112"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/jurantiel.com\/accueil\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=112"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/jurantiel.com\/accueil\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=112"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}